Création d'un environnement stimulant, orienté vers l'objectif de travail

2021-04-08
|
Annie Proulx

L’environnement de travail offert à l’enfant a le pouvoir d’influencer sa disposition à se mettre à la tâche. Il est toutefois important de savoir que le meilleur endroit pour un ne conviendra pas nécessairement à l’autre : pour certains, la table de cuisine ou le bureau dans la chambre fera très bien l’affaire; pour d’autres, il faudra penser “outside the box”. Chaque enfant est unique et lorsque vient le temps de réfléchir au meilleur espace de travail à aménager pour son enfant, il faut tenir compte de ses besoins, ses sensibilités et ses particularités.

Disposer le matériel requis pour le travail à proximité ou sur la surface de travail permettra d’éviter des allers-retours distrayants. Vous pouvez faire une trousse, qui comprendra :
Une variété d’outils pour écrire : crayons à mine, feutres pour tableau effaçable, craies, marqueurs lavables, crayons de couleurs en bois, etc.;
Des effaces, incluant pour les tableaux;
Un aiguisoir (idéalement avec récipient);
Du papier en quantité suffisante, qui peut inclure : feuilles blanches, feuilles lignées, “post-it”, calepins, papiers de couleur, etc. Les pages inutilisées des cahiers d’écriture des années précédentes peuvent être découpées et servir à pratiquer les mots de la semaine;
...

N’hésitez pas à proposer du matériel que les enfants ne retrouvent pas nécessairement à l’école. Ou à le faire varier dans le temps. Osez sortir du mode “enfant assis avec papier-crayon” : pratiquer les mots en jouant à l’école sur un tableau, faire un jeu de lecture avec des post-it collés sur les portes, utiliser des lettres aimantées pour écrire des mots sur le réfrigérateur, écrire des mots à l’ordinateur, bouger en faisant des maths, ...

Voici quelques propositions d’aménagements pour différents enfants :

L’enfant qui a besoin de l’adulte
Avec un enfant qui débute le primaire ou un enfant plus vieux qui nécessite la supervision de l’adulte, identifier quelles parties du travail nécessitent la présence de l’adulte : est-ce que l’enfant peut aller faire une partie du travail seul, sur le divan? Ou peut-il s’installer couché par terre pour faire son travail d’écriture avant de revenir vous montrer le résultat?

La table de cuisine peut être un endroit approprié où s’installer près du parent. Des coquilles peuvent être utilisées pour aider l’enfant à se concentrer.

L’enfant lunatique, facilement distrait ou l’enfant hyperréactif
Avec un enfant hyperréactif ou distrait par son environnement, on aura avantage à :
Minimiser les stimulations et éviter les endroits passants (comme une pièce où jouent d’autres enfants);
Installer l’enfant face à un mur blanc si l’environnement visuel est source de distractions (face à une fenêtre risquerait de l’encourager à surveiller les écureuils...);
Épurer l’espace de travail, afin que l’enfant n’ait que le nécessaire pour travailler devant lui;
Proposer des coquilles si les bruits le distraient. Un fond de bruit blanc, comme une musique instrumentale douce, peut aider certains enfants à se concentrer; d’autres ont plutôt besoin de silence complet.

L’enfant qui a des difficultés en lecture
Voici quelques idées pour un enfant pour qui la lecture est un défi :
Lire sur une tablette permet d’agrandir les caractères d’un texte;
Lire une histoire au salon ou dans son lit, à un plus jeune, à son chien ou même à son ours en peluche;
Appeler grand-papa et grand-maman pour leur lire une histoire en vidéoconférence.

L’enfant qui a besoin de stimulations
Certains enfants travaillent mieux lorsque leur environnement est bruyant. Ou lorsqu’il y a du mouvement. Ces enfants auront avantage à s’installer au milieu de l’action : dans la cuisine pendant la préparation des repas ou près de l’aire de jeu des petits, par exemple. Pour de tels enfants, s’installer devant la fenêtre pourrait favoriser la concentration.

Il faut parfois faire des essais et se réajuster en fonction des résultats afin de trouver le meilleur aménagement pour un enfant. Et celui du lundi ne fonctionnera peut-être pas le mardi.

Utiliser un support à livres de recette pour tenir un livre de lecture permettra à l’enfant d’avoir les mains libres pour manipuler un fidget (un petit objet qui l’aide à garder son attention).

Pour celui qui a besoin de bouger, il est possible d’épeler des mots ou de pratiquer les tables (additions, soustractions, multiplications, divisions) en faisant du “hula hoop” avec un cerceau. Si vous avez à la maison des objets tels ballon d’exercice, élastiques d’exercices, balles anti-stress, tangles, etc., c’est le temps de les sortir. Votre enfant pourra les utiliser pendant la période des devoirs et des leçons. Vous pouvez aussi prévoir de courtes séances de travail (dont la durée devrait être déterminée en fonction de la capacité de concentration de l’enfant) entrecoupées de périodes d’exercices.

S’installer confortablement
N’hésitez pas à proposer des positions de travail variées à votre enfant, ce qui sollicite son système vestibulaire et favorise la concentration. Et invitez-le à changer de position régulièrement. On peut lire n’importe où! Sous la table, dans le noir avec une lampe de poche, dans une cabane, allongé, debout, assis, dans le salon, la cuisine, sur le balcon, dans le bain (attention, le papier et l’eau ne font pas bon ménage!), à l’ordinateur, …

Certains enfants sont dérangés par leurs vêtements. Ils ont plus de facilité à se concentrer lorsqu’ils sont habillés avec des vêtements plus amples, comme en pyjama ou même en sous-vêtements. (proprioception)

L’éclairage
Il est important de s’assurer que l’enfant a un éclairage suffisant pour travailler… mais que l’éclairage n’est pas non plus source d’inconfort ou de distraction. Certains supportent mal l’éclairage des ampoules fluocompactes; d’autres les lumières vives; d’autres encore, au contraire, ont besoin d’intensité lumineuse. Un bon éclairage permet de bien voir, mais aussi limite les ombres. Pour cette raison, une lampe de bureau devrait être positionnée à gauche si votre enfant est droitier et à droite, s’il est gaucher.

Intégrer les apprentissages aux activités de la famille
N’hésitez pas à proposer des activités d’apprentissage qui sortent du contexte scolaire, par exemple :
Faire une recette permet de travailler les mathématiques, la lecture, l’organisation. C’est aussi une activité qui peut occuper les enfants plus vieux qui n’ont pas de travail à faire…;
Un grand frère peut corriger un plus jeune, par exemple vérifier les fautes dans des mots-étiquettes;
On peut apprendre en jouant dans le bain (il existe des crayons pour écrire dans le bain) ou écrire dans le sable. Des boules de neige peuvent être utilisées pour faire du dénombrement ou des opérations mathématiques.

L’environnement de travail contribue certainement à mettre l’enfant dans de meilleures dispositions pour accomplir ses devoirs et ses leçons. Entre autres, il peut offrir à l’enfant la possibilité d’exercer un certain contrôle et de faire des choix.

Toutefois, l’environnement ne fait pas tout. Par exemple, il est important de bien choisir un moment où l’enfant est disponible. Plus la soirée avance et plus l’enfant est fatigué. Prendre de l’avance la fin de semaine constitue une stratégie qui diminue la pression les soirs de semaine.

Et il y a des soirs où la meilleure chose à faire, c’est de ne rien faire ou de faire autre chose que du travail scolaire. Où ce n’est tout simplement pas un bon moment pour pousser l’enfant. Il est alors tout à fait approprié d’écrire à l’enseignant.e pour lui expliquer la situation et proposer à l’enfant de remettre le travail au lendemain. L’enfant doit toutefois savoir que le lendemain, il aura des urgences à gérer.

Annie Proulx

Maman de 4 enfants, éducatrice spécialisée, formatrice, conférencière et entrepreneure (La Filiale).

Je me considère comme une guerrière du bien-être des enfants.

Nos produits!

Inscris-toi à notre infolettre.

Merci !
Quelque chose n'a pas fonctionné. Veuillez réessayer.
© 2020 Productions Blip Blop inc.